Blog de Pierre Losio
 

 


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Enfin la pétanque jurassienne à l’affiche de ce blog et en plus une femme ... il était temps ! Depuis son premier championnat en 1988 (catégorie Cadet à Aarau) à ses deux médailles de bronze aux récents championnats d’Europe à Palavas-les-Flots, Ludivine MAÎTRE-WICKI, a glâné pas moins de six titres nationaux et 36 titres cantonaux (9 dans « son » Jura natal et 27 dans le canton de Vaud). Elle devint, il y a fort longtemps, « malheureusement » tireuse ... d’entente avec sa partenaire Corinne SALADIN. Ce « malheur » ne l’a pas empêchée de se distinguer dans l’épreuve du tir de précision dans les championnats internationaux auxquels elle a participé en portant nos couleurs. Absente du cadre national depuis plus de 10 ans la voilà de retour de la plus belle des manières pour l’honneur et la réputation de notre pétanque féminine helvétique. Je lui souhaite une heureuse saison 2019 avec ses partenaires et … surtout amis-es car elle attache une grande importance aux relations humaines nécessaires à la réussite d’une équipe. »


 
Portrait de Ludivine MAITRE-WICKI


Nom :
MAITRE-WICKI                     Prénom : Ludivine

Année de naissance : 1977

Etat-civil : mariée, deux enfants (Charline 9 ans qui sa licence en cadet depuis cette année et Marceau 6 ans).

Profession : Assistante au département médias et communication de World Archery (fédération mondiale de tir à l’arc) depuis 2003.

Année de la 1ère licence : 1988.

Plat préféré : Presque tout, je suis très gourmande !

Quand et dans quelles circonstances as-tu commencé la pétanque ?
Nous jouions souvent entre voisins (adultes et enfants) sur la piste de pétanque du quartier où nous habitions à Delémont, et mon papa étant membre du club du Béridier, c’est assez naturellement que j’ai eu ma première licence chez les cadets à l’âge de 11 ans.

Pourquoi la pétanque et pas un autre sport ?
J’ai toujours aimé le sport en général et fait d’autres expériences en loisirs (badminton, tir à l’arc…) ou en compétition (volley-ball jusqu’en 3e ligue jurassienne), mais la pétanque a occupé mes week-ends depuis toute jeune et c’est à la pétanque que j’ai toujours eu ma bande de copains en dehors de l’école !

Quels/quelles joueurs-ses t’impressionnaient-ils-elles à tes débuts ?
Quand j’étais junior, il y avait plusieurs jeunes d’excellent niveau en Suisse. Joël SONDEREGGER est pour moi « le plus beau bras » que l’on ait jamais eu en Suisse et j’ai toujours beaucoup apprécié l’intelligence de jeu et la personnalité de Laurent COMAR. Chez les femmes, Hanna EVARD restera une grande dame sur et en dehors des terrains que j’ai eu le plaisir d’affronter à de nombreuses reprises et avec qui j’ai aussi eu le privilège de jouer. Plus récemment, Corinne ALTHAUS est selon moi la joueuse la plus complète et l’une des plus fortes au niveau mental.

Tu as été absente du cadre national pendant une dizaine d’années; te voilà de retour avec 2 médailles de bronze aux championnats d’Europe. Comment as-tu vécu ce come-back ?
Un sentiment partagé entre crainte de ne pas (plus) être à la hauteur et excitation d’y retourner avec un peu plus de recul, peut-être. Sur place, c’était plutôt un sentiment de déjà-vu, puisque j’ai retrouvé plusieurs têtes connues !!!

Quel regard portes-tu sur la pétanque féminine actuelle en Suisse et à l’étranger ?
Depuis plus de 30 ans que je suis licenciée, je dirais que la pétanque féminine en Suisse peine à suivre l’évolution du niveau mondial. La relève est quasi absente, preuve en est cette année avec aucune équipe féminine ni en juniors ni chez les espoirs aux championnats d’Europe, et sur les quatre joueuses retenues chez les femmes nous étions trois des médaillées de bronze des championnats du monde de 2004 !!!

L’attitude des hommes face à la pétanque féminine a-t-elle évolué ? Comment ?
Il me semble qu’après des débuts difficiles des compétitions mixtes, depuis quelques années le regard d’une grande partie des joueurs commence à changer, mais le chemin est encore long dans notre pays …

T’entraînes-tu régulièrement ? Si oui comment ?
De 2009 jusqu’en début d’année 2018, je ne me suis quasiment plus entraînée, même si j’ai continué à faire les championnats cantonaux et suisses. De retour dans le cadre national, je me suis remise à m’entraîner chez moi (nous avons une piste à côté de la maison) plusieurs fois par semaine en général seule, et parfois avec ma fille Charline comme sparring-partner ! Les semaines qui ont précédé les championnats d’Europe, j’ai surtout mis l’accent sur des séries de tir de précision.

Ton poste préféré ? Pourquoi ?
J’ai toujours été tireuse malheureusement … . En effet, quand j’ai commencé en 1988, ma partenaire Corinne SALADIN (d’une années ma cadette) en était aussi à ses débuts, et nous avons naturellement pris chacune un poste dans l’équipe, elle pointeuse et moi tireuse. De ce fait, j’ai toujours eu des lacunes au point que je me suis efforcée d’améliorer au fil des ans. J’aime le poste de tireuse car j’y suis habituée, mais j’apprécie maintenant de plus en plus de jouer milieu ou même pointeuse, car je dois alors faire de plus grands efforts de concentration.

Tes clubs (passé, présent) :
Le Béridier, Delémont (1988-2002); Les Planchettes, Bussigny (2003-2004); Le Verney, Puidoux (depuis 2005).

Tes boules :
J’ai changé en fin d’été… de OBUT MATCH+ 72 700 j’ai passé à MS STRA 72 690.

Tes partenaires pour la saison 2018-19 :
Florence AUTHIER en doublette, Corinne ALTHAUS et Florence AUTHIER en triplette, et Franco TOMA en doublette mixte.

Tes ambitions pour la saison 2018-19 :
Surtout retrouver une plus grande confiance en moi et de la régularité au tir …

Ton palmarès :
Si mes calculs sont bons :

  • 6x championne suisse, 8x vice-championne suisse, 9x autres podiums (inclus Coupe).
  • 4x vainqueur Franco-Suisse
    27x championne vaudoise, 7x vainqueur Coupe vaudoise, 17x autres podiums (inclus Coupe).
  • 9x championne jurassienne, 3x vainqueur Coupe jurassienne, 6x autres podiums (inclus Coupe).

Ton parcours en équipe nationale :
Membre du cadre national juniors de 1992-1993 aux côtés de Laurent COMAR, Joël SONDEREGGER, Marc CASAGRANDE, Dave SIMON et Jean-Maurice SCHNEGG (ce n’était pas rien en tant que fille, car quelques caractères bien trempés qui se reconnaîtront sûrement !!!)
Membre du cadre national dames de 1996-2008 et à nouveau depuis 2018 :

  • 7 participations aux Championnats du Monde triplettes féminins (médaille de bronze en 2004).
  • 4 participations aux Championnats du Monde de tir de précision (meilleur résultat : 5e en 2004).
  • 5 participations aux Championnats d’Europe triplettes féminins (médaille de bronze en 2018).
  • 4 participations aux Championnats d’Europe de tir de précision (vice-championne d’Europe en 2005 et médaille de bronze en 2003 et 2018).

La pétanque c’est surtout l’adresse, le mental, la tactique ?
Cette année particulièrement, je me suis rendu compte de l’importance du mental et surtout de la confiance en soi … La tactique peut, elle, vous faire perdre ou gagner une partie !

De nos jours on tire beaucoup et on pointe peu ; ton analyse ?
Je ne crois pas que ce soit totalement vrai. C’était un peu une mode à une période, mais il me semble qu’aujourd’hui on a tendance à construire un peu plus le jeu pour ne pas se découvrir. Ce n’est pas pour me déplaire, car cela donne une grande importance au pointage, et en tant que tireuse, je sais bien l’importance du point !

Et toi ? Es-tu plutôt « on en pointe une pour voir » ou « il faut tirer tout de suite » ? Pourquoi ?
J’étais plutôt dans l’optique de tirer d’abord, mais maintenant je sais qu’en pointer une c’est souvent un mal pour un bien à la fin… la sagesse de l’âge sûrement ?

Quels sont (quelles sont) les plus forts-es joueurs-ses contre qui ou avec qui tu as joué ?
Plusieurs championnes du monde comme Aline DÔLE, Michèle MOULIN, Nathalie GÉLIN, Angélique COLOMBET(-PAPON), ou Florence SCHOPP et bien d’autres, à l’occasion du Mini Bol d’Or et en championnats internationaux; j’ai joué le national de Nyons en 2005 avec Karin ZANTINGH (Pays-Bas) et Annick HESS (Allemagne) et en 2007 avec Karin ZANTINGH et Karin RUDOLF ; toujours d’excellents souvenirs. Et évidemment, ma partenaire d’exception et amie Corinne ALTHAUS !

Quel est ton meilleur souvenir bouliste ?
Il y en a tellement … mais je me souviens (presque) comme si c’était hier de la deuxième place au championnat suisse cadet en 1988 pour ma première année de licence; mon premier titre suisse en 1998 à Brugg en triplette avec ma toute première partenaire Corinne SALADIN et ma sœur Lorène pour sa première année de licence à 15 ans ; le premier en doublette qui s’est fait attendre jusqu’en 2007 (!) à Lucerne avec Corinne ALTHAUS et celui l’année suivante à Vicques « sur mes terres jurassiennes. » A l’international, évidemment mon premier championnat du monde en 1996 en Finlande alors que je venais juste de réussir mon bac et aussi Maspalomas en 2004 et les plongeons dans la piscine de l’hôtel avec vêtements, médailles autour du cou et bouquets de fleurs … !

Quel est ton pire souvenir bouliste ?
Toutes les parties perdues en finale et à 12…

Le concept « cadre national avec plusieurs joueuses sélectionnées » serait-il une bonne solution pour les seniors ou faut-il maintenir le concours sélectif ? Pourquoi ?
Probablement que oui afin de réunir les meilleures forces en présence, mais évidemment il faut aussi que chacun veuille bien tirer à la même corde, et ainsi aussi prendre en compte la confiance et l’amitié entre les joueurs. Expérience faite dans ma catégorie, une bonne ambiance et l’entente au sein de l’équipe peut faire une grosse partie de la différence !

La FSP peut-elle continuer à vivre sans président ?
Bien évidemment que non, mais de nos jours il est de plus en plus difficile de trouver les bonnes personnes avec l’envie et le temps de s’investir au sein de système basé sur le bénévolat.

La FSP accorde-t-elle assez de moyens (financiers, logistiques) à ses équipes nationales ?
Je pense qu’il y a des différences de traitement avec plus de moyens accordés aux seniors alors que la mise sur la priorité devrait être relève tant masculine que féminine.

Es-tu optimiste quant à l’avenir de la pétanque suisse au niveau international ?
Au niveau international oui car je pense qu’on aura toujours une grappe de joueurs et joueuses de qualité et prêts à s’investir pour le maillot à croix blanche, mais par contre je suis moins optimiste quant à la pétanque suisse elle-même …

Que faire en Suisse pour rendre la pétanque plus attractive auprès des jeunes et lui donner davantage de visibilité médiatique ?
Prouver (en particulier aux parents des jeunes joueurs qui ne sont peut-être pas du milieu) par une organisation plus professionnelle et des comportements exemplaires sur et hors des terrains que la pétanque est bien un sport qui peut se pratiquer avec sérieux et non une activité récréative pratiquée à l’heure de l’apéro.

La pétanque sport olympique… une fausse bonne idée ?
Je travaille dans le milieu du sport olympique dans une fédération internationale qui doit continuellement se battre et s’améliorer pour garder sa place au programme des Jeux malgré une longue histoire olympique, alors je pense que pour la pétanque le chemin est encore bien long …

Souhaites-tu ajouter quelque chose plus personnel pour conclure cet interview ?
Merci Pierre de m’avoir donné l’occasion de participer à ce blog qui permet de faire un peu plus connaissance avec les joueurs de notre pays ! A cette occasion, j’ai retrouvé quelques photos qui ne nous rajeunissent pas …


Album photos - souvenirs avec légendes (version 3)


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Mise à jour : 07.12.2018 10:38   (v2)

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